Madeleine Hamard surfe sur le net !

Madeleine peut se définir comme une femme au cœur de l’innovation, une femme qui a toujours su prendre la vague quand elle arrivait en emmenant avec elle ses proches et ses amis. Une vie bien remplie sur le plan professionnel, familial et social.
Jugez plutôt…

Elle est née à Voves (28) le 21 avril 1915. Et n’attendez pas de sa part la formule « de mon temps », elle ne la connait pas. Du haut de ses presque 94 ans, la doyenne de Gidy est une femme bien droite, coquette et souriante.

Ses parents étaient agriculteurs et elle a passé sa jeunesse à la ferme mais son rêve, c’était d’être épicière. Elle se marie avec Gaston en 1945 et part vivre à Paris où Gaston est reporter lithographe. Mais la vie trépidante de Paris et déjà la pollution qui commence avec les automobiles ne leur sied guère. Alors, c’est une petite annonce qui les ramène en Beauce en 1952 avec leur fils Maurice pour prendre une épicerie à Gidy, au Cas Rouge. La petite marchande a trouvé son bonheur !

Le travail ne manque pas entre le magasin, l’approvisionnement chez les grossistes , les maraîchers trois fois par semaine et les tournées dans les communes alentour. Le tube « Cadum » sillonnent les villages de Chevilly, les Chapelles, Ormes ou encore Saran qui, à l’époque, n’est qu’un petit village de 1500 âmes…

En 1966, Madeleine rejoint le bourg de Gidy, à côté de la boulangerie, avec un magasin beaucoup plus grand (60 m²) et surtout avec un libre-service, grande innovation de l’époque. « Beaucoup de ménagères n’osaient même pas se servir ».

Mais, Madeleine, c’est aussi une combattante et qui n’a pas froid aux yeux. Elle l’a prouvé durant la guerre en cachant des soldats alliés parachutés, ce qui lui vaut un diplôme signé de la main même du président des Etats-Unis. Et dans les années 70, elle s’engage dans la vie municipale où elle devient la première femme à être conseillère municipaleet adjointe au maire durant deux mandats.

Elle anime avec Mme Nollet, institutrice de l’époque, l’association des Amis de l’Ecole Publique où les jeunes pratiquent le théâtre, le ping-pong, l’athlétisme et organise des soirées télé, une révolution pour l’époque. Puis c’est le club des Années d’Or en 1975 avec M. Robinet et Mme Sougy où elle officie pendant 14 ans en organisant des parties de jeux de cartes, de sociétés, des travaux manuels avec une vente en fin d’année qui alimentent financièrement de nombreuses sorties, voyages et séjours.

Elle est aussi au service des écoles en étant déléguée départementale de l’Education Nationale pendant 30 ans et assistera aux conseils d’école jusqu’en 1994.

Sa joie de vivre et son dynamisme lui valent une semaine d’hôpital supplémentaire. En effet, le médecin ayant trouvé que cette forme de thérapie énergisante stimulait ses voisines de chambre, il lui demande de prolonger son séjour sur place plutôt que d’aller en maison de convalescence. Pas banal, non !

Et comme il faut vivre avec son temps et avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, elle n’hésite pas à 90 ans à prendre ses premiers cours d’informatique où elle entraînera ses amis du club.

Souvent, Madeleine pose ses ouvrages de points de croix et ses petits pères Noël en tricot et se connecte sur internet pour voyager virtuellement, chercher des recettes de cuisine ou encore envoyer des emails à la famille.

Une grand-mère comme tout le monde en rêverait, n’est-ce pas Laurence et Vincent ?